Balades bucoliques

Recueil de nouvelles

balades bucoliques - recueil de nouvelles de jean-Pierre barré

Le conseil de révision

     Ce matin le réveil est assez difficile pour Armand. Il a eu du mal à trouver le sommeil, la nuit fut agitée. C’est aujourd’hui un grand jour pour lui. La missive qui lui est parvenue il y a une semaine est bien en évidence sur la table de la cuisine.
le conseil de révision - nouvelle de jean-pierre BarréCelle-ci lui ordonne de se présenter le jeudi 7 septembre 1911 à la mairie de Neuillé-sur-Lierre pour passer devant le conseil de révision. Ayant dix-huit ans depuis juillet, il s’y attendait, mais il appréhende tant et si bien l’épreuve que cette convocation l’a, depuis son arrivée, pas mal tracassé ! Il devrait pourtant se réjouir, car ce sera l’occasion d’une fête mémorable qui durera plusieurs jours. Comme l’a si bien dit l’autre jour monsieur le maire lors d’un rassemblement de tous les futurs recrutés : « Vous devez être fiers de représenter la commune. La conscription, dont le Conseil de Révision est la manifestation majeure, est un rituel qui marque votre admission dans le monde des adultes ». C’était beau, et, si Armand a bien compris, il va maintenant devenir un « homme » ! sauf si sa petite taille ne le fait exclure, et c’est bien là sa crainte…

Les poules disparaissent

Les poules disparaissent - nouvelle de jean-pierre barré     Ernest Proust et son fils, résident dans une dépendance constituée d’une vaste pièce à vivre et de deux minuscules chambres. En face, une petite écurie désaffectée sert de remise.Aménagé de façon judicieuse, un lopin de terre leur permet d’élever volailles et lapins et de cultiver un jardin potager et fruitier. Un gros chien, attaché au pied d’un pommier, jappe avec fureur dès qu’une personne approche. Le père, employé au domaine du Plessis, la « grande ferme », a la réputation d’être un excellent ouvrier agricole. Très sociable, il est aussi fort apprécié dans le village. Les Proust, guère envieux, ont appris à se suffire à eux-mêmes. À l’intérieur de la maisonnée rares sont les rires depuis que la femme d’Ernest est morte quelques jours après la naissance du petit.

     Comme chaque matin, dès l’aube, avant de se rendre à l’école, Léon, fils unique, s’apprête à soigner les poules. Pour sortir, redoutant la température, exceptionnellement basse en ce mois de novembre, il enfile de multiples épaisseurs. Chaussé de ses sabots, il se met en route vers le fond de la cour afin de récupérer la ponte du jour. Malgré le froid et les flocons tombés la veille, il est assuré de rapporter plusieurs œufs à la maison. À proximité de l’enclos, des traces fraîches sur le manteau neigeux le laissent perplexe. Depuis un petit moment, son père a remarqué des maraudeurs dans les environs…

Un nouvel élève

un nouvel élève - nouvelle de jean-pierre barré     Le tableau noir de la classe indique : « Lundi 25 mai 1942 ». En ce qui concerne David, c’est la rentrée. Tous les enfants ont entendu parler de cette famille installée, depuis peu de temps, dans un hameau tout proche de Mezay. L’accueil, à la demande de l’instituteur, a été sympathique, mais discret. Chacun ressent bien, sans d’ailleurs savoir pourquoi, la suspicion et même le soupçon de mépris qui existent envers ce nouvel arrivant.

   À vrai dire personne ne connaît David. Depuis son arrivée dans le village, personne ne l’a vu sortir de chez lui. Jamais il n’a rejoint le groupe de gais lurons, emmené par Lucien Touillaud, dans les fameux « petits fossés » que tous fréquentent.

     Au cours de la récréation du matin, sûr de lui, un ancien d’au moins treize ans laisse échapper.

   ― Eh les gars, le nouveau… eh ben, il est juif.

     La nouvelle a fait le tour de l’école, comme une trainée de poudre. La reprise des cours clôt la rumeur, mais un air de conspiration flotte. Les élèves s’observent et s’adressent des signes de connivence…

P’tit Michel

    Quelles raisons ont poussé Michel à éprouver, dès son plus jeune âge, le besoin d’écrire son histoire familiale ?

   Est-ce pour retrouver la douce Simone, cette maman qu’il n’a jamais connue, ou bien Georges qui n’a pas toujours été un sale bonhomme méchant et désagréable, ou encore expliquer cette hérédité paternelle, cette ineffaçable « marque de fabrique » ?

   Ce récit met en scène des petites gens, de celles que l’on oublie souvent, tant leurs vies peuvent apparaître anecdotiques ou insignifiantes au regard des bouleversements qui perturbent notre monde.

   Avec sensibilité et pudeur, l’auteur nous emmène dans un passé réaliste et si intime que l’on pourrait presque en humer les odeurs, entendre les bruits…

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