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Couverture d’ouvrage : Le fils du fusillé
Partie de Cœurs de terroir séries :
  • Le fils du fusillé
Éditions :ePub : 4,99 €
Pages : 172

Décembre 1914. Dans un village de l'Aisne, six soldats français sont fusillés pour l'exemple. Ils sont innocents. L'armée le reconnaîtra, sept ans plus tard.
Albert Meunier, lui, n'attendra pas la réhabilitation. Il a quinze ans quand on lui apprend que son père Hector est mort ainsi. Pas comme un héros. Comme un lâche.
Dans les campagnes de Touraine, on ne parle pas de ces choses-là. On se tait. On baisse la tête. On porte la honte comme on porte le deuil, en silence et pour longtemps.
Mais Albert a décidé que ce silence ne l'enterrerait pas. Guidé par un instituteur qui croit en lui, il va devenir à son tour un de ces hussards noirs de la République, digne du père qu'on lui a volé, et que personne n'a jamais laissé défendre.
Le Fils du fusillé traverse toute la première moitié du XXe siècle, de la boue de 1914 aux lendemains incertains de 1945, au rythme lent et tenace de ceux qui reconstruisent une vie sur une injustice tue.
Un roman ancré dans les martyrs de Vingré, fait réel et trop longtemps oublié. Une histoire universelle sur la honte, la dignité, et la fierté retrouvée.

Extrait :

La demande en mariage
VICTORINE AVAIT DE LA CHANCE, elle pouvait choisir elle même son futur mari. Elle échappait à un mariage arrangé qui, dans le monde paysan de cette fin du XIXe siècle, demeurait souvent l’usage.
Elle était fille unique. Clément et Henriette, ses parents, exploitaient une fermette située à l’entrée de Mezay sur Loire, commune rurale de la Touraine. Modestes métayers, sans histoires, ils ne faisaient jamais parler d’eux. Ils louaient leurs fonds de terre au châtelain du village.
Hector Meunier, son futur conjoint, était d’origine tout aussi humble. Il vivait avec Joseph, son père, dans le bourg voisin. Le garçon n’avait jamais connu sa mère, morte en couches. Il avait été élevé par une tante, dont le mari avait péri au cours d’une vaine charge des cuirassiers français sur Morsbronn où ils avaient été anéantis. Elle habitait à proximité et Hector avait passé sa jeunesse à naviguer d’une ferme à lâ€

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™autre jusqu’à ne plus savoir où se trouvait son véritable logis.
L’été précédent, les deux jeunes gens avaient fait connaissance au traditionnel bal du 14 juillet. Jolie fille, Victorine avait été l’objet de la convoitise des infatigables danseurs et elle n’avait pas manqué de cavaliers. Hector, patiemment, avait attendu son tour pour la faire valser. Lorsqu’elle s’était retrouvée dans ses bras, elle avait été contrainte de s’agripper à lui afin de ne pas perdre l’équilibre. Il la dépassait d’une bonne tête et, du haut de son mètre cinquante, elle s’efforçait d’atteindre son épaule. Son frais minois, rehaussé d’une délicieuse bouche, minuscule, aux lèvres fines, avait étourdi la raison du solide Hector. Les dernières notes envolées, Victorine et Hector ne semblaient pas vouloir se séparer. Le visage de la demoiselle, d’ordinaire si gai et riant, était devenu grave. Elle avait retenu la main du jeune homme dans la sienne.
*
Les chèvres elles-mêmes auraient pu le dire à Henriette : quelque chose avait changé chez sa Victorine. Elle se garda bien d’en parler à son mari.
Les doutes de sa mère s’étaient confirmés le dimanche suivant lorsque, contrairement à son habi¬tude, Victorine avait annoncé à ses parents qu’elle partait se promener avec sa chienne.
Depuis que Clément avait fini par céder à la pres¬sion des deux femmes, sa fille avait l’autorisation de sortir, avec deux amies de son âge, pour son jour de repos, mais seulement l’après midi. Les demoiselles s’étaient empressées de fréquenter les bals des nom¬breuses fêtes alentour, jusqu’à ce fameux 14 juillet !
— Vous n’allez pas danser aujourd’hui ? s’était renseignée Henriette.
— Non, avait été la réponse laconique de Victorine, rougissante.
Fine mouche, Henriette l’avait laissée quitter la ferme pour, en toute discrétion, constater qu’elle prenait la route de Neuillé sur Racan. Ce petit manège s’était reproduit les dimanches suivants. La mère était d’autant plus intriguée qu’avant chaque promenade, sa fille enfilait la tenue qu’elle lui avait fait bâtir par la couturière du village à l’occasion de la fête natio¬nale. Une robe modeste. Une simple robe en coton imprimé à fleurs. « Mais tout de même, avait elle pensé, pour se promener dans la campagne ? »
Henriette ne lui avait rien dit, mais s’était promis qu’à la première occasion, elle la sonderait habile¬ment. Quant à Clément, sans que l’ombre d’un soupçon l’ait gagné, la voyant ainsi partir, il lui avait demandé en s’esclaffant :
— Te voilà bien belle pour aller te balader. Qui espères-tu rencontrer dans les champs ?

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Critiques :Zazou144 au sujet deAmazon.fr a écrit:

Inspiré de faits réels, ce roman relate un épisode peu connu de la première guerre mondiale : les fusillés pour l'exemple.
Fin 1914, 6 hommes sont exécutés pour désertion devant l'ennemi. Ils seront réhabilités 7 ans plus tard car il s'agissait finalement d'une bousculade et d'une désorganisation du commandement.
La vie des familles de ces hommes en sera grandement affectée.
Roman touchant, les personnages d'Albert, Hector, Victorine ou Marcel vivent avec ce drame qui ne les quitte pas, tout en poursuivant leur destin dans la vie.
La lecture est agréable, la plume simple qui retranscrit bien toute la modestie du "petit peuple" et les coutumes de la campagne.
J'ai beaucoup apprécié ce roman historique qui m'a permis de me plonger dans certaines recherches pour mieux comprendre.


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