Chronique de Solitaire sans modération

valmyvoyou.lit (14 mai 2019)

Quatrième de couverture

Michel vit seul, et ce n’est pas pour lui déplaire. Aussi lorsqu’il se glisse dans un engrenage destructeur, il accepte difficilement qu’on lui tende la main.
Il se mure dans la solitude en compagnie d’un souvenir, qu’il croyait avoir oublié et qui grandit, à tel point que le désordre et la confusion vont s’installer dans son esprit.
Il tente de se rassurer : « Ce sera sans conséquence. »

Il se trompe…

Mon avis

Michel est un homme seul au milieu des autres. Cette solitude est recherchée. Il côtoie un peu ses voisins, Béatrice et Jacques. Un soir, après un apéritif chez eux, une envie, même un besoin l’envahit : il lui faut écrire. Les mots sont jetés sur les feuilles, les pages se remplissent.

Le lendemain, il veut revivre ce moment puissant. Il comprend, très vite, qu’il lui faut des rituels.

Solitaire sans modération est un récit de vie romancé. C’est l’histoire d’une descente aux enfers qui semble désirée, au départ. « Faut-il se détruire pour écrire ? » C’est cette question qui guide Michel, dans la quête de lui-même. Il est persuadé de ne pas pouvoir trouver l’inspiration sans alcool. Il refuse les mains tendues. On a envie de lui dire d’accepter de l’aide, mais on sait qu’il refusera. Finira-t-il par solliciter un appui ?
Sans tomber dans le misérabilisme, Solitaire sans modération dépeint la dépendance psychologique encore plus forte que la dépendance physique. Ce roman montre aussi un homme qui se bat contre ses démons, enfouis depuis tant d’années en lui, et qui pense être plus fort qu’eux, qui ne perçoit que ce sont eux l’origine de ce qu’il ne qualifie pas de problème. Il est dans un engrenage, il le sait mais ne veut pas en sortir, car c’est ce dont il a besoin pour écrire. Les conséquences sont moins importantes à ses yeux que le fait de produire un texte.

La plume de Jean-Pierre Barré est maîtrisée. Le récit est réaliste et c’est au lecteur de placer son curseur d’empathie, là où son cœur lui dit. Aucun jugement, aucun pathos, ce sont des faits racontés avec délicatesse et nous sommes libres de notre investissement au côté de Michel.

Conclusion

J’ai beaucoup aimé ce roman qui fait réfléchir sur une envie plus forte que tout, qui dévaste une vie. Michel avait une vie bien rangée, trop peut-être, et l’écriture a tout chamboulé. Ce livre interroge également sur les addictions et sur la dépendance psychologique plus ancrée que la dépendance physique et donc plus difficile à combattre.
Cette citation du livre est le fil conducteur de l’histoire : « Faut-il se détruire pour écrire ? »

Chronique du Fils du fusillé

Jean-Pierre Barré a bâti son histoire autour d’un fait historique : les fusillés de Vingré. Il a changé les noms de ces martyres, mais a gardé la chronologie des événements. Après avoir terminé Le fils du fusillé, j’ai fait des recherches et j’ai pu constater que l’auteur avait respecté ce pan de notre histoire. Ce que je trouve le plus désolant, est que je ne connaissais pas l’existence de ces fusillés pour l’exemple, jugés dans un simulacre de procès. Pourtant, ces hommes ont été réhabilités en 1921. Je remercie Jean-Pierre Barré pour cet hommage à ces soldats.

1914,  exemple, fusillé, guerre, hussards noirs, instituteur, poilus poilus

Nous avons vraiment une grande chance que des écrivains effectuent des recherches et fassent un tel travail de mémoire. Que Le fils du fusillé soit un roman permet que les faits soient accessibles à tous.

Ce roman est une saga familiale. Il commence avec la rencontre d’Hector Meunier et de Victorine. Ils ont un fils et sont amis avec Marcel Boulay, instituteur et maire de leur village. Ce dernier est un personnage important, il tient une grande place dans la vie d’Albert, le fils du couple. J’ai beaucoup aimé ce protagoniste qui a le courage de ses opinions. L’auteur décrit la vie dans les campagnes, au début du XXeme siècle. Il dépeint l’école de cette époque, les préoccupations, etc. J’ai été entièrement immergée dans le quotidien de cette famille, à laquelle je me suis attachée.

Mais, en 1914, la guerre est déclarée. Hector Meunier part au combat. Malheureusement, il n’en revient pas. Dans Le fils du fusillé, Jean-Pierre Barré raconte l’injustice qu’il a subie, avec d’autres camarades, et qui a conduit à son exécution, par l’Armée française.

Au chagrin de Victorine et d’Albert, s’ajoute l’opprobre dont ils sont victimes. La honte de l’attitude présumée d’Hector rejaillit sur eux. Ils sont jugés et rejetés par leurs voisins. Nos seulement, ils ont perdu un être cher, mais leur vie quotidienne est aussi bouleversée. Surtout qu’en cas de manquement à l’armée, les veuves ne touchent pas de pension. La famille Meunier doit survivre. Leurs sentiments sont si bien transcrits que je les ai ressentis.

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Marcel Boulay est un soutien primordial à cette famille…

Quel avenir pour Albert, le fils du fusillé ?

Pour le savoir, je vous invite à lire Le fils du fusillé. C’est un livre que j’ai énormément aimé. Il marie la Grande Histoire à la vie romancée d’une famille. C’est un roman du terroir qui donne une photographie de la vie et des opinions au début du siècle. Ce sont des faits historiques et vérifiés qui sont relatés d’une manière simple, mais néanmoins complète. L’écriture de Jean-Pierre Barré est fluide et emplie de délicatesse. Elle fait ressentir les ambiances et plonger dans les lieux. La langue est riche et belle. J’ai pris énormément de plaisir.

Conclusion

Le fils du fusillé est encore une belle découverte de l’auto-édition qui, je l’espère, trouvera sa place auprès des livres édités. Une écriture très belle, des faits historiques, l’histoire d’une famille attachante, une ambiance et des rebondissements en font une belle réussite.

J’ai énormément aimé Le fils du fusillé, qui réhabilite l’image de ces hommes exécutés pour l’exemple.

Valmyvoyou.lit

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